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Interview An Pierlé

9 janvier 2008 Pas de commentaire

Propos d’An Pierlé et Koen Gisen, recueillis par Fabien Roux pour www.lart-scenes.com
La salle Paul Fort retrouve son calme après les balances d’An Pierlé et White Velvet. Chacun retourne à ses occupations en attendant l’heure du concert. An et Koen me guident vers leur loge, dans les entrailles de la salle, pour répondre à quelques questions.


FABIEN :
Quelle fut votre première expérience musicale ?
KOEN : Un souvenir que j’ai c’est « Michelle My Belle » à la radio ou en disque je ne sais plus. Il y a aussi le juke box que mes grands parents avaient dans leur café.
AN : Quand j’étais petite, à chaque noël on nous faisait chanter devant la famille avec le grand père qui filmait, et c’était comme ca tous les ans, ce sont des choses qu’on oublie pas.

FABIEN :
Quels disques vous ont donné envie de faire de la scène ?
AN : Les disques de Talk Talk et le 2eme album Mylène Farmer. J’étais fascinée par un morceau où elle avait mis en musique un texte de Beaudelaire. Je trouvais ca étonnant d’avoir fait ca.
On est loin de Talk Talk (rires) mais en fait ton inspiration viens de beaucoup de choses très différentes, tu puises un peu partout.

FABIEN :
Vous avez enregistré le dernier album chez vous.
Que trouvez vous, chez vous, que vous ne trouvez pas dans un studio classique ?
KOEN : On aime travailler à notre rythme sans avoir d’horaires fixes. Dans un studio, tu viens pour la journée, pas une heure par-ci par-là.
Et tu as l’aspect financier aussi qui est important. Un studio c’est cher. Avant tu pouvais te permettre ca, maintenant on doit faire baisser les coûts si on ne veux pas réduire la qualité. Tu sais, on vend beaucoup moins qu’il y a 10 ans, enfin proportionnellement.
AN : On a une notoriété grandissante, donc on n’a pas l’impression de vendre moins, on reste au même niveau de ventes, alors qu’on devrait vendre beaucoup plus.
KOEN : On ne peut plus économiser comme il y a 10 ans, donc ca se ressent dans la manière de travailler.
AN : Dans un studio belge, on peut voir aux murs des disques d’or d’Axelle Red ou Louise Attaque. Quand on voit le nombre de ventes on fait de grand yeux.

FABIEN :
Comment vous partagez vous le travail ?
AN : Moi je fais la cuisine et Koen la musique (rires).
KOEN : En général c’est An qui écrit, mais il n’y a rien de définit. On travaille sur quelque chose, on se le fait écouter.
AN : Et quand un des 2 scotch sur un truc, à une idée intéressante, on essaie de développer ensemble.

FABIEN :
Les Ogres de Barback, qui sont 4 frères et soeurs parlent de la facilité avec laquelle ils peuvent travailler ensemble. Ils se connaissent tellement bien qu’ils peuvent travailler sans conflit.
Le fait d’être un couple à la ville et dans le travail, ca à des avantages ?
AN : Nous ca ne nous empèche pas de nous disputer. On a des gouts différents et des caractères bien affirmés.
KOEN : An veut à tout pris faire passer ses idées et parfois ca clash (rires).
AN : C’est difficile pour les autres de s’intégrer à notre travail, comme si ils avaient peur de déranger.

FABIEN :
Comment présenteriez vous la musique d’An Pierlé and the White Velvet à une personne qui ne vous connait pas ?
KOEN : kitch, eclectique et romantique.

FABIEN :
Sur ce nouvel album, la voix ma parue différente ; il y a eu un travail particulier ?
AN : non, en fait ca vient comme ca, on vieillit, on prend de l’assurance et on ose tester plus de choses.

FABIEN :
Le choix de l’anglais se fait naturellement ? Les mots vous viennent en anglais ?
AN : Ce n’est pas naturel, les idées me viennent comme ca. Tu écris et après tu traduis les textes ; j’ai besoin d’un dictionnaire, je ne suis pas totalement bilingue.
On est très influencés par l’anglais, et notre éducation musicale est faite en anglais.

FABIEN :
En concert, on retrouve souvent une reprise, comme “Il est 5 heures” de Dutronc ou celui des Rita Mitsouko, “C’est comme ca”.
Quelle place prennent ces artistes dans votre discothèque ?
KOEN : Ce morceau de Dutronc est assez différent des autres, c’est pas comme “Dans le desert, il y a des cactus”, je ne sais pas d’ou ca vient mais c’est un souvenir, ca correspond à une génération.
AN : Les Ritas, ils ont un son complètement à part en france, assez anglophone et dans leur manière de chanter, il y a des mots, des phrases très particulières, qui sonnent très francais, j’aime ce mélange. Et moi aussi c’est ma génération, j’avais environ 11 ans ; je me souvient aussi de Marci Baila. Des morceaux qui marquent une époque.
Par contre en anglais j’accroche beaucoup moins, je trouve qu’il manque quelque chose, peut être de la spontanéité.
KOEN : Il y a aussi les morceaux de Gainsbourg, Melody Nelson.

FABIEN :
Quand on ne vous connait pas, la première chose qui surprend en concert c’est le gros ballon qui sert de siège.
Quelle est son utilitée ?
AN : Wah ! C’est la première fois qu’on me le demande (rires).
Bah en fait on pense que c’est pour s’amuser, mais si ca n’avait pas d’utilité je ne l’utiliserais pas. C’est principalement pour un soucis d’ergonomie. Ca oblige à se tenir bien droit, ca favorise le chant ; c’est plus dynamique aussi, je suis moins statique.
KOEN : C’est aussi esthétique, on peut jouer avec la lumière.

FABIEN :
Je vous ai vu devant 40000 personnes à paris, dans une petite salle rock, l’Olympic, à nantes et ce soir vous jouez dans une salle assise.
Percevez vous différement ces 3 types de concerts ?
AN : Oui totalement, et sur cette tournée, beaucoup plus calme, on a choisi délibérément des salles assises. On a eu envie de revenir à une formule “Romantique et érotique” (rires).

FABIEN :
Il y a des groupes comme Juliet and the licks qui jouent aussi séparement de la chanteuse.
Peut on imaginer An Pierlé sans le White Velvet ou le White Velvet seuls sur scène ?
KOEN : Je ne pense pas, en fait le groupe s’est monté pour le projet, il y a longtemps déjà. On imagine pas jouer séparement.
AN : Par exemple, ca ne marcherait pas avec Jeanne Cherhal, pourtant elle aussi est une chanteuse - pianiste. C’est un peu comme si Koen et moi on était le gateau et White Velvet la chantilly que tu mets dessus.

FABIEN :
Quel artiste ou groupe aimeriez vous faire découvrir ?
AN : La salle Le Zebre, à Paris, nous a offert une résidence. Pour l’occasion on a fait venir pour plusieurs dates, en première partie, The Bony King Of Nowhere.
C’est un groupe de Ghent, près de chez nous. Ils n’ont pas encore sorti d’album, mais on peut écouter de très bons morceaux sur myspace.
Ils sont vraiment dans notre univers musical ; c’est important d’avoir en première partie un groupe qui corresponde à ce que le public vient écouter.

A visiter :
Le site officiel d’An Pierlé and White Velvet

A voir :
An Pierlé and White Velvet - Salle Paul Fort - Nantes - 12.12.07
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An Pierlé - Divers concerts et des portraits.

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