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Interview Pauline Croze

Propos de Pauline Croze, recueillis par Fabien Roux pour l’Olympic et www.lart-scenes.com
Pauline Croze m’accueille dans sa loge lors de sa venue à l’Olympic.
La journée est chargée, entre les interviews, les balances, un showcase Fnac… tout ça avant le concert du soir. 15 minutes accordées. Top chrono.


FABIEN :
Tu viens ce soir présenter ton second album.
Qu’est-ce qui t’a donné envie de devenir musicienne ?
PAULINE : Disons qu’avant c’était plutôt un loisir que vraiment quelque chose sur lequel je voulais projeter un avenir, et en fait à 14 ans j’ai commencé à composer des chansons pour moi. Et de fil en aiguille j’ai fait des premières parties dans des bars, des cafés ou des mjc. Je me suis dit que j’allais en faire quelque chose et j’en suis arrivée là plutôt par l’enthousiasme de ceux qui m’entouraient et la confiance qu’ils avaient en ce que je faisais. Je pense que toute seule j’aurais mis beaucoup plus de temps à avoir l’idée ou l’envie de me dire voilà, je voudrais en faire quelque chose de sérieux. Ce sont vraiment les autres qui m’ont portée.

FABIEN : Avais-tu un fil conducteur pour cet album, un thème précis ?
PAULINE : Il y avait d’autres éléments que je voulais rajouter par rapport à avant, je ne sais pas si il y a vraiment un fil conducteur. Il y a toujours l’idée de quelque chose qui chaloupe, qui a un côté balancé. Et je voulais aussi qu’il y ait plus de dynamisme dans les morceaux ; il y en a qui sont plus dansants, qui donnent plus en vie de danser, d’avancer, de courir parfois. Enfin ça c’est ma sensation. Je voulais un album qui aille plus de l’avant, un peu moins intimiste.

FABIEN : Comment choisis-tu les musiciens et l’équipe qui va travailler sur un album ?
PAULINE : Je savais que j’allais travailler avec Jean Lamotte et lui a une équipe de musiciens avec qui il travaille depuis une dizaine d’année. Voyant que les chansons entre elles étaient assez disparates, je me suis dit qu’il valait mieux travailler avec une équipe qui a une sorte de complicité au niveau du son pour unifier les univers. Donc je lui ai dit “voilà, je veux travailler avec ton équipe à toi” parce qu’au début je voulais différents musiciens mais je me suis dit que ça n’allait pas être évident de lier les morceaux entre eux.

FABIEN : Ce sont les mêmes musiciens que l’on retrouve à tes côtés sur scène ?
PAULINE : Ah non, ce sont d’autres musiciens, et d’ailleurs ce sont aussi des musiciens différents de ceux de la tournée précédente. J’avais besoin de musiciens qui collaient d’avantage au son du nouvel album, dans le jeu, la couleur instrumentale. Sur scène chacun amène son univers, je ne veux pas qu’ils soient bridés, même si je dois quand même tenir le cadre de la chanson.

FABIEN : Le morceau « Baiser d’adieu » a été écrit et composé par Arthur H, comment s’est passée cette rencontre ?
PAULINE : On s’était rencontrés à une soirée Clown sans Frontière à l’Olympia et le maitre de cérémonie c’était Mathieu Chedid. Il y avait pas mal d’invités, des humoristes, des artistes de cirques et Arthur H chantait un morceau avec Nina Morato. Il a vu que je faisais un duo avec Mathieu et donc il est venu me voir après et on a discuté. Et il m’a invité à partager un morceau dans un de ses concerts. à l’Olympia. Moi ensuite, en faisant mon album, j’avais un blocage sur un texte et je lui ai demandé si il pouvait poursuivre le morceau. De fil en aiguille on a atterit sur une autre chanson.

FABIEN : Tu es auteur compositeur, tu chantes des choses assez personnelles. Chantes-tu différemment un morceau écris par un autre, notamment un homme ?
PAULINE : Disons que ce que je récents dans cette chanson, c’est qu’il a pris le parti de l’écrire comme si c’était une femme qui s’exprimait. Mais c’est marrant, c’est juste une façon de penser parce que les mots ne sont pas typés féminin, j’arrive bien à me glisser dans l’histoire. Mais là, ça ne fait pas appel à un truc d’interprète ; je me sens moins interprète qu’auteur compositeur. Pour moi l’interprétation c’est un travail… euh… j’ai encore du travail ; c’est ça qui est intéressant, ça m’apprend des choses.

FABIEN : Sur cet album, tu joues du saxophone, pourra-t-on en entendre ce soir sur scène ?
PAULINE : (rires) En fait j’en ai fait 3 mois dans ma vie. J’en joue sur l’album parce qu’a partir des sons de ma maquette, je savais vraiment ce que je voulais entendre. C’est vraiment un petit fond, d’ailleurs soutenu par un saxophoniste réel. Un vrai de vrai. Je ne saurais pas en jouer comme ça dans la vie ; c’est plus des petits essais qui fonctionnaient dans le groove de la chanson. C’est plus gadget, pour la couleur, ça balise la chanson.

FABIEN : Comment, justement, travailles tu tes maquettes ?
PAULINE : Je suis partie de différentes choses, parfois d’une guitare, parfois je suis partie d’un son de sax que j’ai détourné (ralenti, coupé, remonté). Et parfois je joue un peu de basse, mais là aussi c’est gadget, pour poser les notes. Mais là sur cet album, je ne suis pas partie uniquement d’une base guitare voix comme sur le premier album. Ce n’est pas vraiment la même démarche de départ.

FABIEN : Fais tu des concerts, pour promouvoir un album, ou au contraire, l’album est-il le moyen de faire de la scène ?
PAULINE : Je fais les disques pour les porter sur scène plus tard. Le studio c’est une contrainte dans le sens où je suis toujours un peu angoissée par le fait de devoir jouer de la guitare ou de chanter parce que j’ai un peu une envie de bien faire les choses et c’est douloureux parce que ma voix n’est pas toujours comme je voudrais. On perd en spontanéité ; je vais entrer des prises et je ne vais pas réussir à faire ce que je veux au départ, ca me mine un peu en fait. Je ne suis pas à un niveau qui me permet de faire 3-4 prises et c’est bon. Et à la guitare encore moins (rires).

FABIEN : Sur scène, on sent de la timidité.
Comment appréhendes tu le rapport au public ?
PAULINE : J’ai l’impression que ca a changé quand même. Dans la tournée précédente, entre le début et la fin, il y a un peu plus d’aisance… enfin c’est un grand mot. Et maintenant mon rapport est toujours le même, mais j’arrive à être plus disponible, plus ouverte aux gens, aux regards qu’ils me donnent. La timidité ca m’empêchait de donner ; là j’ai plus l’impression de profiter du moment présent, d’être plus à 100% dans la chanson. Je me dis aussi que les gens sont là pour passer un bon moment, voir un spectacle qui leur fait plaisir. J’essaie de me dire “qu’est ce qu’ils attendent ?”.

FABIEN : Les journées en tournées peuvent paraitre très longues ; tu en profites pour composer ?
PAULINE : Il y a un côté répétitif, on prend le train, on fait la balance, le concert et on repars. Disons que c’est le jeu, mais j’ai du mal à vivre les journées trop répétitives, elles paraissent plates. J’essaie de m’en accommoder. C’est pas toujours évident d’ailleurs. En fait, j’arrive à composer par ci par là, mais surtout à écrire. Dans ma loge je gratte ma guitare, je cherche des accords. C’est quand j’arrive chez moi que je me dis “ah tiens, j’avais essayé ça” et je le pose sur une maquette. C’est pas vraiment une démarche de composition, c’est plus pour m’occuper. J’écris des bribes de phrases que je réunis après en chansons.

FABIEN : On vous voit peu à la tv ; vous n’aimez pas ce genre de média pour votre promo ?
PAULINE : C’est intéressant d’avoir de la promo sur son projet, voir même indispensable. Quand on me propose une émission, j’essaie de faire en sorte de m’y retrouver, de me sentir à l’aise dedans, de savoir qu’on va parler de la musique. Il faut que je puisse aussi parler de ce que je fais. Et d’ailleurs, je ne suis pas non plus très sollicitée en fait, c’est assez calme. Mais ca ne me dérange pas. (interruption par son manageur qui l’appelle pour aller faire les balances). Je fini ma phrase, je fais ma coquette (rires). Ce qui compte ce sont les concerts, d’être sur scène. Le problème c’est que souvent la présence des gens à un concert est dû au fait qu’ils vous ont vu ou entendu dans les média, donc il faut être présente quand même. Il y a des émissions beaucoup plus agréables à faire, des émissions musicales qu’un truc qui n’a rien à voir, qui brasse trop d’univers. Savoir pourquoi on est là. Si on m’appelle pour parler des people ou des courses automobiles… voilà quoi. Enfin on ne m’appellera jamais pour ça (rires).

A visiter :
Le site officiel de Pauline Croze

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Pauline Croze - Olympic - Nantes - 09.04.08
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